Ubuntu 11.10, circulez, y’a rien à voir

En mai 2008, je rapportais déjà mes déboires suite au passage vers Ubuntu 8.04. Nous sommes en octobre 2011, soit, 8 versions plus tard – excusez-moi du peu – et finalement, retour à la case départ. Entre ces deux articles, j’ai réinstallé Ubuntu plusieurs fois, toujours après des mises à jour automatiques défectueuses. Explications.

Etape 1 : mise à jour automatique

Dimanche, je lance ma machine et Ubuntu me propose d’effectuer la mise à jour automatique vers la nouvelle version. Je ne souhaitais pas passer par la mise à jour automatique car j’ai quasiment à chaque coup des problèmes avec. La facilité a pris le pas sur la raison et j’ai lancé la mise à jour. Pas moins de 3 heures plus tard – plus ça va, plus c’est long – mon PC redémarre et j’arrive dans le nouveau monde : la renaissance d’Unity. La version de la maturité et de la stabilisation.

Au premier coup d’œil, je me rends compte qu’il y a un problème avec la taille des textes : trop petits ou trop gros, il n’y plus de cohérence. Je cherche alors la fenêtre de configuration des polices de caractères : introuvable. Seule un panneau de configuration « Accès universel » permet de choisir parmi la taille des polices parmi petit, normal ou grand. Un peu léger…

Pendant cette phase de découverte je m’aperçois qu’énormément de choses ont disparue : plus d’écran de veille, plus de configuration d’apparence (juste le fond d’écran), … j’en passe et des meilleures. Chez Canonical, ils n’y sont pas allé avec le dos de la cuillère niveau simplification ! Le panneau de configuration est clairement inspiré de Mac OS X, mais en moins performant !

Dernier détail : on ne peut toujours pas paramétrer Unity sans passer par un logiciel tiers (Compiz Manager pour n’en citer qu’un) dans lequel il est indiqué que tout cela est expérimental…

Note pour plus tard : ne plus faire les mises à jour automatique.

Etape 2 : réinstallation

La décision est prise, je vais procéder à une nouvelle installation pour remettre tout le monde d’accord. Le nouveau Live CD est d’excellente facture : je n’ai jamais vu une distribution live démarrer aussi rapidement. Chapeau bas ! L’interface est visuellement nettement plus cohérente ; preuve en est de la confusion qui régnait dans la myriade de fichiers de configuration qui traînaient dans mon profil utilisateur.

J’effectue la procédure d’installation personnalisée (pour garantir de bien configurer les partitions car j’ai Windows et des données à côté qu’il est impensable de perdre). Ultra rapide elle aussi, je redémarre quelques minutes plus tard. Jusque là, c’est un sans faute.

Petit bémol tout de même : l’installation qui démarre alors que l’on a pas encore atteint la fin des étapes de configuration est à double tranchant : on gagne du temps mais il devient impossible de revenir en arrière. Ubuntu a déjà commencé la copie des fichiers et vous avez déjà perdu votre ancien système…

 Etape 3 : premier lancement

Ubuntu redémarre, j’arrive sur un bureau cohérent. Jusque là tout va bien. Je reste sur mon premier avis à propos d’Unity : j’aime beaucoup mais l’utilisateur est bridé à tout point de vue. Les icônes sont énormes, il n’est plus possible de paramétrer finement son environnement.

Qu’à cela ne tienne, depuis la version 11.04, je m’étais forcé à conserver Unity ; il faut savoir évoluer et changer ses habitudes. Sauf qu’il y a des limites à ne pas dépasser. J’ai alors voulu réutiliser la version classique de Gnome : impossible, elle n’est plus là non plus ! Grrr !

A ce point, je n’avais pas encore installé les pilotes propriétaires pour ma carte graphique et j’étais dans l’environnement Ubuntu 2D. Je retourne dans les paramètres système pour activer les fameux pilotes. J’ai le choix entre deux versions dont il m’est impossible de savoir qu’elle est la différence. Je tente d’activer le premier : échec de l’activation. Passons au deuxième : il s’installe (bien joué garçon !) et me propose de redémarrer la machine.

Je reboote et l’aventure s’arrête nette : « error : couldn’t read file », ou un truc dans le genre avec le clavier qui clignote de toutes ces diodes : le kernel panic vient de faire une apparition fracassante ! Ma machine n’a pas apprécié les pilotes propriétaires.

J’ai arrêté l’ordinateur. C’en était trop : j’ai perdu mon compte utilisateur, mon système et ma soirée. Je suis allé me coucher, résigné…

Conclusion

Unity ne fait pas l’unanimité, allez voir sur le net ce qui se dit. Personnellement, j’apprécie beaucoup cette nouvelle interface et je suis déçu de son manque évident et cruel d’ergonomie. La base est excellente mais on est encore loin de la maturité. Parallèlement, je trouve que les travaux visuels apportés à Oneiric Ocelot améliorent nettement l’expérience utilisateur : l’intégration de Thunderbird est réussi, la refonte de l’Ubuntu Software Center l’est aussi et l’ensemble gagne effectivement en cohérence et en consistance.

Mais que diable, rendez-nous le pouvoir !! Messieurs de chez Canonical : laissez aux utilisateurs la possibilité de paramétrer leur environnement. Tout le monde n’aime pas avoir des icônes énormes et l’utilisateur lambda ne sait pas forcément qu’il faut installer le gestionnaire de configuration de Compiz pour récupérer un peu de contrôle.

S’inspirer de Mac OS X c’est bien mais quand tous les outils sont disponibles par défaut et qu’ils sont complets, c’est mieux.

Plus globalement et rétrospectivement à mon utilisation d’Ubuntu : au début, j’étais sur une installation RAID. Un jour, le driver de ma carte n’a plus été supporté. J’ai changé de machine : aucun support pour le contrôleur RAID intégré, pourtant assez répandu (ma carte mère vient de chez ASUS). Je suis alors repassé sur une installation simple avec copies de sauvegardes régulières des documents sensibles sur un deuxième disque dur. Et voilà maintenant que c’est ma carte graphique qui ne passe plus…

Pour l’heure, je ne sais pas ce que je vais faire : m’accrocher à Ubuntu – si je suis autant remonté, c’est bien parce que c’est un OS qui me plait et pour lequel j’ai à coeur de le voir évoluer dans le bon sens – ou profiter de cet échec pour aller voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs…

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